Le cinoche à Lolo

Le cinoche à Lolo

VINCENT,FRANCOIS,PAUL ET LES AUTRES

Esquisse du film choral

 

 

  Film choral très touchant, ce film de Sautet a pour moi une place à part. C’est un des premiers films que j’ai vu sur le magnétoscope paternel.

  A vrai dire, l’histoire, on s’en fout. Cette crise de la cinquantaine chez des petits bourgeois dans les années soixante-dix, où l’on se rend compte qu’ils sont tous malheureux, et ce pour diverses raisons, n’a pas un but d’exemplarité.

  Non, chez Sautet, ce qui compte, c’est le regard de la caméra sur les acteurs. Et là, c’est magnifique. Ils sont tous touchants, et se livrent à de grands numéros d’acteurs.

  Montand, entrepreneur à cours de fric, conscient que toutes les femmes qu’il rencontre ne lui feront jamais oublier l’amour de sa vie, partie à cause de lui (Stefan Audran).

  Reggiani, écrivain sans inspiration, chez qui tout le monde se réunit le week-end pour passer un bon moment ensemble.

  Piccoli, médecin s’étant engoncé dans son existence aisée, mais qui regarde son couple se déliter petit à petit.

  Depardieu (alors jeune), employé de Montand, et boxeur amateur, en proie au doute lorsqu’on lui propose le combat de sa vie.

  Ca pourrait être chiant à mourir, mais c’est beau. C’est Strip-Tease mais avec des acteurs. Sautet n’a pas son pareil pour capter des bribes de conversation à travers des vitres où des brouhahas, conversations qui se répondent les unes les autres.

  Un petit bijou du cinéma français comme on ne sait plus trop en faire.

  Le film choral est un exercice casse-gueule, car il faut essayer de ne pas trop déséquilibrer l’histoire. Bien sûr, il y a un personnage plus central que les autres (ici, Montand). Altman y est arrivé très bien (Short Cuts entre autres), Canet l’a bien approché (Les Petits Mouchoirs), Kenneth Branagh en a fait un très bon (Peter’s Friends), Resnais l’a transcendé (On connaît la Chanson, Smoking/No smoking), et Marc Esposito l'a rattaché aux années 90 (Le Coeur des Hommes).

  Reste un regard nostalgique sur la France des Renault 12 et des 104, des gros téléphones en bakélite, des cardigans et vestes en daim, des hommes qui avaient l’âge de mon grand-père. Le regard d’un gamin scotché devant le magnétoscope de ses parents à regarder le film de Sautet sur une vieille bande VHS.



28/10/2011
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