Le cinoche à Lolo

Le cinoche à Lolo

LUC BESSON

http://www.youtube.com/watch?v=Dy1yi7q8Rv4

 

 

Besson: entre enfance et féminisme

 

  1°) Luc Besson ou le cinéaste qui est perpétuellement resté un enfant


  Luc Besson a toujours eu une âme d’enfant. Hormis sur certains de ses films, ce caractère ressort de manière plus ou moins flagrante. Dans Le Grand Bleu,  il a profité de ses souvenirs d’enfance pour tisser un scénario autour de la plongée sous-marine (qu’exerçaient ses parents) et les paysages grecs (où il a passé une partie de son enfance).  D’ailleurs l’attitude quasi lunaire du héros (un peu surjoué par Jean-Marc Barr) est parfois semblable à celle d’un petit enfant (surtout dans sa relation avec Rosanna  Arquette, où il est tel un ado face à sa première histoire d’amour).

  Dans Subway, Christophe Lambert joue un personnage au caractère très enfantin, au réactions de gamin, dont le seul but dans la vie est celui d’un ado un peu attardé : monter un groupe de rock. Il est en constant décalage avec le monde des adultes, représenté par le flic, Galabru et Bacri (excellents d’ailleurs).

  Nikita relate le parcours (chaotique) d’une ado vers son statut de femme. Certains côtés de l’histoire sont très cartoonesques (l’intervention de Jean Reno/Victor notamment).

  Dans Léon, malgré le titre, le film est centré autour de Mathilda/Nathalie Portman, et d’ailleurs, une partie du film est tourné à hauteur d’enfant.

  Le Cinquième Elément assume le côté enfantin de bout en bout. Certes le film est bourré de références (on y reviendra plus tard), mais joue constamment sur l’aspect enfantin du manichéisme (les gentils sont beaux, les méchants sont moches). Le côté BD amplifie ce sentiment.

  Jeanne d’Arc parle de la perte de l’innocence d’une gamine et de son passage vers l’adolescence et l’âge adulte (ce qui représente une similitude avec Nikita et Léon).

  Evidemment, la trilogie Minimoys conclut tout ce petit portrait de l’enfance.

 

  2°) Luc Besson :la prépondérance féminine exacerbée

 

  Hormis Le Dernier Combat et Atlantis, tous les films de Besson ont une femme comme personnage principal ou comme moteur de l’histoire. D’ailleurs plusieurs films ont le nom de la femme héroïne comme titre : Nikita, Jeanne d’Arc, Les extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec, Angel-A et The Lady. Le Cinquième Elément est une femme, et paradoxalement Léon est porté à bout de bras par une gamine de 14 ans.

 

A)    La femme égérie


  Il y en a eu deux évidentes et importantes.

  Tout d’abord, Anne Parillaud, sa femme de l’époque,splendide Nikita, qui porte le film de bout en bout. Elle irradie chaque scène par sa présence, elle est magnifique de bout en bout malgré un scénario bancal, et la scène où Tchéky Karyo et Jean-Hugues Anglade parle d’elle est peut-être une des plus belles des films de Besson. Même absente, elle transpire dans chaque mot prononcé. Peut-être une des plus belles déclarations d’amour d’un réalisateur à son actrice.

  Puis Milla Jovovich vint. Cinquième élément et Jeanne d’Arc, moins femme fragile qu’Anne Parillaud, mais capable de porter ces deux gros films sur les épaules.

  A des degrés moindres, on peut noter Isabelle Adjani, pour qui il a réalisé le clip de Pull Marine et  Maïwen (avec qui il s’est marié alors qu’elle n’avait que 16 ans) à qui il a offert le rôle de la cantatrice dans Le Cinquième Elément.

 

 

 

B)    La femme armée


  Luc Besson a une propension a mettre des armes entre les mains des femmes qui tourne soit à l’obsession soit au gimmick. Elles ont toutes (ou presque) a un moment donné une arme dans la main (Adjani dans Subway, Parillaud dans Nikita, Portman dans Léon, Jovovich dans Le Cinquième Elément et Jeanne d’Arc).

  Le cas particulier du Cinquième Elément est qu’elle est une arme à part entière.

  Autant chez Nathalie Portman et Anne Parillaud cela occasionne un contraste avec leur apparente fragilité, autant chez Milla Jovovich et Isabelle Adjani cela apporte de la rudesse masculine à leur féminité.

 

C)    La femme grain de sable du quotidien


  La femme représente souvent (pour ne pas dire toujours) chez Besson le battement d’aile du papillon de l’effet du même nom.

  C’est la rencontre avec Isabelle Adjani / Helena qui va bouleverser la vie de Fred / Lambert et l’emmener vers son destin fatal.

   Idem, c’est la rencontre et l’émoi provoqué par sa rencontre avec Johanna / Rosanna Arquette qui vont dérégler la vie de Jacques / Jean-Marc Barr.

  Dire que Nikita / Anne Parillaud trouble la vie de Marco / Anglade et celle de Bob / Karyo est un doux euphémisme.  L’un est ouvertement amoureux, l’autre est amoureux secrètement d’elle.   Là encore, elle ne leur causer que du chagrin.

  L’arrivée impromptue de Mathilda / Nathalie Portman dans la vie de Léon / Reno est le déclencheur de sa longue descente vers une mort certaine (et paradoxalement celui de son chemin vers la rédemption).

  De même, la vie de Dallas / Bruce Willis prend de l’ampleur lorsque Liloo / Milla Jovovich tombe accidentellement dans son taxi.

Jeanne / Jovovich se voit changeant le destin d’un roi, et Angela / Rie Rasmussen change celui d’André, qui voulait se suicider (elle lui donne un raison de vivre, comme beaucoup des personnages féminins décrits auparavant).

  Ce qui s’applique également à Sélénia dans Arthur et les Minimoys.

 

 

  3°) Un faiseur d’images aux multiples références

 

  Même si ces films pêchent souvent au niveau des scénarios (exceptions faîtes de ses deux meilleurs à mes yeux : Le dernier combat et Léon) on doit reconnaître à Besson un grand sens de l’esthétisme.

  Le dernier combat est magnifique par son noir et blanc et son ambiance très Chris Marker (La Jetée) par moments, filmé quasiment sans parole. Besson est attentif à ce qu’il nous montre et ne se laisse pas disperser par des à côtés qui plombent souvent ses films.

  Subway est truffé de situations incohérentes, est souvent boursouflé, malgré quelques belles fulgurances (essentiellement dues aux seconds rôles) mais il faut avouer que Besson a su filmer les sous-sols du métro de manière exemplaire

  Le Grand bleu est un festival de cartes postales réussies ( je suis désolé pour ceux qui ont aimé le film, mais un mec qui préfère l’ivresse des profondeurs à la vie avec Rosanna Arquette, j’avoue que ça ne m’émeut pas).

  Nikita  est très bon, porté par une belle actrice, mais l’entreprise bat de l’aile à cause de quelques temps morts.

  Léon est un très grand film. Il a fait son Taxi driver (le film est bourré de références au chef d’œuvre scorsesien : New-York évidemment, la relation ambiguë entre une môme et un adulte, les accès de violence soudains, l’entraînement physique de Léon). Très bon de bout en bout, Léon est le film le mieux structuré de Besson.

  Le Cinquième Elément, espèce de patchwork entre Moebius, Blade runner, Taxi Driver (encore), Stargate (tout le début), et une fête de la bière qui part en sucette, est un film plutôt jouissif  quant on a douze treize ans. Adulte, on s’en lasse. Les effets spéciaux tiennent la route, les décors oscillent entre classe et très cheap, les acteurs sont en roue libre, et Bruce Willis a une belle moumoute. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce que Ian Holm est venu faire dans cette galère.

  Jeanne d’Arc est une belle fresque pleine d’acteurs très connus. Plutôt pas mal, sauf  les vingt dernières minutes qui sont un poil longuettes. Un Besson plutôt au dessus de la moyenne.

  Et Angel-a, ben, j’ai pas accroché. C’est bien foutu, mais ça ne me parle pas. Besson filme par contre très bien Paris en noir et blanc.



30/11/2011
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