Le cinoche à Lolo

Le cinoche à Lolo

TONY,ROLAND,MICHAEL: LES TROIS MERCENAIRES DU NANAR

 

 

 

Une belle triplette, un panthéon filmique reléguant aux oubliettes nombre de tacherons (qui, eux,ont l'excuse de leurs manques de moyens pour foirer ce qu'ils font). A eux trois, ils ont pondu une belle liste de nanars des trente dernières années.

  Au milieu de cette logorhée navrante quelques incidents de parcours heureux: Ennemi d'Etat, Spy Game chez Scott, Stargate, Jour d'après chez Emmerich, Rock, The Island chez Bay).   Enfin, pas de quoi entrer dans les anales non plus.

 

1) Ce qui les réunit

 

  Ils ont eu le don d'aller chercher la crème des scénaristes bossant avec leur dictionnaire des clichés et des stéréotypes sous le bras. 

  Car oui, les USA sont les meilleurs et sauvent le monde de manière régulière chez nos trois gars, et ceux sans aucun recul ou presque ( recul apparaissant dans leur moins mauvais films: Ennemi d'Etat, le Jour d'après et The Island, et aussi dans le navrant 2012 (voir l'article  http://lolodug87.blog4ever.com/blog/index-516884.html)).

  Les personnages ne sont jamais très creusés, on ne sait jamais, dès fois que ça serait important....

 

2) Tony Scott: le frère de l'autre


  Là où Ridley a su joué avec l'esthétique clipesque et pubarde des années 80, mais en s'appuyant sur des matériaux solides, puis après des échecs s'est essayé à d'autres modes, ben le père Tony, lui, il a bien choisi le côté esthétique, mais visiblement, les scénarii ont été négligé. Oh, bien sûr, il a adapté sa manière de filmer aux époques, se lançant dans le montage rapide et serré, mais, non, toujours pas de scénario....

  N'ayant qu'un vague souvenir des Prédateurs (avec quand même Bowie et Deneuve en vampire), je fais l'impasse dessus.

  Vint alors Top Gun. Ah, Kelly Mac Gillis! ( à peu près le seul intérêt de cette pub sans fin pour Ray Ban et les blousons aviateur).

  Vague histoire de fraternité militaire sur fond de beaux navions faisant des pirouettes improbables dans le ciel, que l'on peut regarder au second degré et y trouver unamitié virile et un poil homosexuelle. Bref, Tom a un beau sourire, Val Kilmer n'avait déjà que deux expressions faciales, Anthony Edwards ne savait pas alors qu'il allait se lancer dans la série Urgence. Et puis Kelly. Elle était alors belle.

  Après deux panouilles ( la suite du Flic de Beverly Hills, mais bien moins bon que l'original, et Vengeance, vague drame sur fond de western avec de belles images où Kevin Costner joue le même rôle que Tom Cruise dans Top Gun, mais à la retraite, qui veut piquer la femme d'Anthony Quinn, Zorba fatigué et ayant sûrement des impôts à payer), Scott revient vers ce qu'il sait le mieux filmer: les mécaniques.

  Dans Jours de Tonnerre, on prend globalement la même trame que dans Top Gun (un scénariste économisé) et on l'adapte au Nascar. Du bruit, un montage rapide, une caméra qui tremble sur le visage de Tom, et Nicole. Ah, Nicole! Bon, bref.

  Après le Dernier Samaritain, buddy movie sympa aux répliques de cours de récré ("Ta femme est tellement grosse, que pour savoir où elle mouille faut la rouler dans la farine"), le père Tony se retrouve emmerdé: il a un scénario qui a l'air bon, signé d'un jeune gars qui s'appelle Tarantino

  Le problème avec ce genre de scénario, c'est qu'il n'ya guère que Tarantino pour savoir filmer du Tarantino. Alors, hormis une scène hallucinante avec Denis Hopper et Christopher Walken enfin, ces deux-là, tu leur donne le texte d'un épisode d'Hélène et les Garçons, ils en font un bijou), le film est très raté. Car là où Q T fait des films destructurés donnant leur puissance à l'histoire, Tony fait un montage linéaire chiant à mourir.

  Oublions USS Alabama et Le Fan (que j'ai entr'aperçu en zapping un soir de grosse fatigue).

Et là, miracle: il enchaîne sur deux films très honnêtes: Ennemi d'Etat et Spy Game.

  Au bien sûr, il y a toujours ces tics visuels dont il ne peut se passer, mais il s'appuie sur des scénarii plutôt moins mauvais que d'habitude. Surtout Ennemi d'Etat qui est un vrai pamphlet sur la techno parano où Gene Hackman retrouve son rôle de Conversation Secrète (chef d'oeuvre de Coppolla), vers lequel le film lorgne allègrement. 

  Depuis, Scott a signé le terriblement mauvais Man on Fire, l'épileptique Domino (aux couleurs vomitives et au montage à l'avenant), et le moyen Déja Vu, au scénario improbable mais qui se laisse voir. Bref.

 

3) Roland Emmerich: plus Américain que moi, t'es Allemand.

 

  Il a toujours aimé les films catastrophes des années 70 avec une kyriade de vedettes. Du coup, il adapte cette technique à son cinéma. Hélas.

  Ayant obtenu son passeport hollywoodien avec un film honnête, Le Principe de l'Arche de Noé, il attaque dans le dur d'entrée avec Universal Soldier. Quitte à ramener à la vie deux hommes et les rendre plus puissants, pourquoi avoir choisi Dolph Lundgren et Jean-Claude Vandamme? En même temps, on a quand même des indices quant au potentiel nanardisant de ce film......

  Et là, il va enchaîner 4 films où il va vouloir prouver qu'il est amoureux du pays qui l'a accueilli. Dans ces quatre films, les USA se montrent sous le jour favorable du pays capable de sauver le monde (Independance Day (ID4)), de comprendre les autres (Stargate), de résoudre les problèmes créés par d'autres (Godzilla), de se construire sur ses propres ruines (The Patriot).

  Retenons que Stargate est plutôt agréable et fait figure d'intrus dans la filmographie de Roland Emmerich, que la première partie d'ID4 est plutôt bien foutu (tant qu'on ne voit rien, tout est génial, mais le look afro des aliens et l'attaque finale du vaisseau mère sont, comment dire, du Ed Wood qui a gagné au loto).  Il y inaugure son hommage aux films 70's, avec son lot de vedettes, dont certaines n'arrivent pas vivantes au bout de l'aventure.

  Je passe sur Godzilla, catastrophe atomique due aux français (merci les essais nucléaires dans le Pacifique) et The Patriot, où on voit des canons faire des strikes dans les jambes des soldats avec leurs gros boulets.

  Reprenant le principe du film choral adapté aux catastrophes, il signe avec le Jour d'après un film plutôt honnête sur les dérèglements climatiques, et signe (volontairement ou non, c'est un mystère) un pamphlet anti-américain,. En effet, ils sont la cause du problème, ils doivent demander de l'aide au Mexique.

  10000: rien que le pitch suffit: un jeune chasseur de mammouths, à la recherche de son amour enlevé par un gros vilain, découvre les pyramides. Je développe, ou ça suffit?

Et je ne reviens pas sur 2012....

http://www.youtube.com/watch?v=j65kWf-cDTQ

 

4) Michael Bay: le manque d'imagination au service de....de quoi au juste?

 


 

  Son petit jeu, c'est de prendre un genre, de le surgonfler, quitte à en faire une bouillie immonde et sans forme.

  Je m'explique: le buddy movie (déjà poussé à l'archétype par la franchise Arme Fatale) est repoussé à l'extrême, tant dans le montage que dans les scènes d'action avec Bad Boys (et sa suite catastrophique  (c'est dire à quel niveau elle se trouve) Bad Boys 2). 

  Le film de sauvetage: bon, dans Armageddon, entre des effets spéciaux moyennasses, un scénario naze et des acteurs pas nuls mais en roue libre, et ben , il n'y a pas grand chose à sauver.

  La saga à la Titanic: avec Pearl Harbour, il voulait nous faire voir ce dont il était capable. Et bien on a vu. Après une introduction un poil longuette, vient la scène du bombardement. Les avions japonais sont filmés comme dans une belle pub, et le drame est poussé dans ses derniers retranchements, perdant tout réalisme avec son esthétique proprette.

  Enfin, c'est pas trop mal vu le réalisateur. Et au moment où l'on s'apprête à quitter la salle, et bien, en fait on se rend comte que le film n'est pas fini. Un peu comme si dans Titanic, après le naufrage, il y avait encore deux heures de film.....pour raconter quoi? Et bien, qu'en fait les Américains sont quand même sortis la tête haute, car ils vont aller se venger.Réac? Oh, non....

http://www.youtube.com/watch?v=Y8ZNYuvwhFE&feature=related

  Je ne parle pas des Transformers 2 et 3 (où je vois quand même des beaux effets spéciaux).

Je sauve dans toute cette bouillie Rock, plutôt sympa, The Island, qui flirte par moment avec du très bon cinéma , et le premier Transformers, qui aurait du rester unique plutôt que d'engendrer deux suites nazes.



28/02/2012
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